Rencontre avec un apiculteur biologique.

Rencontre
Publié le 1 février 2021

Portrait I Lecture : 5min

#MIEL #APICULTEURBIOLOGIQUE #APICULTURE #ABEILLES #RUCHES

Après être allés rencontrer des producteurs à proximité de Paris, nous nous sommes intéressés à l’agriculture urbaine et plus précisément, à la multiplication des ruches installées en entreprise ou dans les jardins de particuliers, ces dernières années. Avec près de 600 grammes de miel par an, par personne, les français sont les plus grands consommateurs d’Europe. Rencontre avec Cyril Way, apiculteur biologique urbain entre l’Essonne et Paris.

Cyril Way, apiculteur, ruchers du dourdannais
Cyril Way, apiculteur biologique du domaine “les Ruchers du Dourdannais”. ©AuréliaSevestre

Double vie : Apiculteur biologique vs. Ingénieur

De formation Ingénieur, Cyril a débuté chez LVMH. Son travail était très exigeant et nécessitait de prendre régulièrement l’avion ce qui l’éloignait de sa vie familiale. Il finit par rêver d’un quotidien plus tranquille et d’un poste lui offrant plus de temps libre. Il se dirige vers le secteur public et rejoint la Mairie de Massy. En parallèle de ces changements professionnels, il rencontre à travers ses relations personnelles, un apiculteur. Il s’intéresse au sujet, commence à bouquiner des ouvrages sur l’apiculture (il se souvient notamment d’un livre qui y faisait référence au moment de la guerre) et en fait un hobby. Sa nouvelle fonction à la Mairie lui permet de se libérer du temps pour se consacrer à sa nouvelle activité. Il négocie un temps partiel et partage ainsi sa semaine entre son travail qu’il apprécie et sa passion qui lui permet de s’évader.

Une formation dédiée à l’apiculture ?

Pendant dix ans, il va aller à la rencontre d’apiculteurs biologiques afin de mieux comprendre le métier et acquérir des connaissances. Il sera accompagné par la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologiques) et plus précisément par le GAB d’Île-de-France (Groupement des Agriculteurs Biologiques).

“Quand je suis rentré au GAB, il y avait déjà 4 autres apiculteurs mais ils n’étaient pas organisés en groupe d’échange et d’entraide. Maintenant, nous sommes environ une quinzaine et nous avons développé des actions en commun (miellerie, matériel, achats… réalisés en commun), et un groupe d’échange assez actif. J’en suis le référent régional et j’ai été référent national pendant quelques années pour la FNAB.”

À noter que le GAB propose de l’accompagnement et des formations pour les porteurs de projet en agriculture biologique mais rien de spécifique sur l’apiculture.

Cyril Way, apiculteur urbain, au milieu de ses ruches
Cyril au milieu de ses ruches. ©AuréliaSevestre

Son quotidien d’apiculteur.

Il possède plusieurs ruches. 80% de son exploitation se situe autours de Dourdan et celle-ci elle est biologique. L’autre (non biologique), se situe dans le Parc Montsouris, à Paris, où il a remporté un appel d’offre lancé par la ville. Il travaille seul ou reçoit de temps en temps l’aide d’un saisonnier. Il vend son miel et a imaginé un concept atypique qui réinvente les codes de la livraison “le dîner Deli”.

“Je ne voulais pas passer par des plateformes spécialisées et je ne souhaitais pas reproduire le même schéma que les marques comme Deliveroo ou Ubereats, où les clients ne savent rien de la vie du livreur et inversement. J’avais besoin d’humaniser ce procédé. Généralement, lorsque j’arrive pour livrer les produits, c’est l’heure du dîner, les gens cuisinent et moi… J’avais le ventre vide.”

C’est à partir de ce constat que Cyril a décidé de proposer à ses clients de l’inviter à rester manger avec eux afin d’apprendre à se connaître. Cela ne fonctionne pas à tous les coups, il le reconnaît, mais ça lui a aussi permis de nouer de belles amitiés. Et en bonus, la livraison ne coûte rien et il vous offre un pot de miel bio de 250g, alors ça vous tente ?

Produits de la ruche, miel et pollen
Les produits proposés par Cyril : miel, pollen, propolis brute, etc.

Aujourd’hui, l’apiculture BIO en Île-de-France ?

Tout comme nous l’expliquait Samuel, Cyril souligne aussi ce fort sentiment de communauté présent dans l’agriculture biologique. Poussé par sa conviction qu’on obtient de meilleurs résultats économiques en travaillant ensemble, il s’est associé avec une vingtaine de producteurs bio de la région pour créer une association “Fermes Bio Ile-de-France”. Elle s’est depuis transformée en SCIC : Coop Bio Île-de-France (70 producteurs aujourd’hui). L’objectif est de s’entraider les uns les autres en cas d’aléas pour assurer la livraison auprès du secteur de la restauration ou de la distribution spécialisée. 

Pour en apprendre d’avantages sur Cyril, direction son site internet ou son compte Instagram.

Et si vous souhaitez obtenir des informations sur des formations, rapprochez-vous de la GAB d’Île-de-France.

 

M.T