Rencontre avec une maraîchère.

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Publié le 25 janvier 2021

Portrait I Lecture : 5min I 01.01.2021

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En septembre, nous sommes allés rencontrer des producteurs franciliens près de chez nous pour qu’ils nous racontent leur quotidien, leur expérience et leur vision de l’alimentation de demain. C’est ainsi que nous avons échangé avec Isabelle, maraîchère à la Ferme de Noncerve

Isabelle maraichere potager d'olivier
Isabelle et son mari Olivier ont repris la ferme familiale.

Naissance du maraîchage

C’est dans une très jolie ferme qui dispose d’une cour carrée qu’Isabelle et son mari ont développé l’activité familiale. Il y a 20 ans, ils ont commencé un potager pour le plaisir. Très vite, il est devenu assez important et ils ne savaient plus quoi faire des légumes. Le bouche-à-oreille a poussé le maire d’à côté à venir les voir et à leur proposer d’être présents sur son marché. Ils ont accepté mais ils se sont vite rendus à l’évidence que cela nécessitait d’avoir des légumes à proposer toute l’année. Ils se sont donc lancés dans les produits de toutes saisons, en quantité plus ou moins limitée. 

La maraîchère reconnaît que ce n’est pas toujours simple d’entretenir une telle surface.

“À l’époque de mes beaux parents, il y avait un métier : agriculteur céréalier. Maintenant, on a deux métiers : agriculteur céréalier et maraîcher. On cumule pour tenir la route, pas pour devenir riche.”

Le Potager d'Olivier, La ferme de Noncerve
Le Potager d’Olivier – La Ferme de Noncerve à La Ferté-Alais.

Ils auraient besoin d’embaucher d’autre personne mais ne le peuvent pas. Isabelle se dirige donc vers des  revendeurs en circuit court comme La Ruche Qui Dit Oui (ou sa version “à la maison”), Au Bout Du Champ ou encore Le Panier d’À Côté… Le vendredi soir, ils proposent une vente à la ferme et le samedi, ils sont présents sur le marché du village voisin.

“Avec le confinement, le marché du vendredi soir a explosé et cela continue depuis.”

Manger local et de saison

La maraîchère n’a pas suivi de formation agricole dans une école mais a épousé un agriculture et a vécu dans la ferme de ses beaux-parents. Elle a ainsi appris à bien consommer en vivant dans cet environnement.

“Mes parents ne m’avaient pas “éduquée” au “bien manger”. J’ai appris en évoluant avec le maraîchage. Manger local est une démarche que j’ai découverte il n’y a que 15 ans. On devient alors plus critique car on prend l’habitude de manger de bons produits.”

Le maraîchage d'Isabelle, culture sous serre
Les serres d’Isabelle avec les dernières tomates de la saison et les haricots verts.

Les qualités nécessaires selon la maraîchère pour faire ce métier :

Isabelle nous a glissé quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient passer de l’autre côté de la force et rejoindre les champs.

  • Il faut du courage et de la persévérance parce qu’on travaille toute l’année, en toute saison, peu importe la météo (neige, pluie, vent…) pour récolter les légumes. Le dimanche on essaie de se reposer mais il peut y avoir des marchés exceptionnels.
  • Ça semble logique mais il faut aimer avoir les pieds et les mains dans la terre. Aimer les plantes. Aimer être dehors tout simplement et laissez la coquetterie à la maison.
  • Ne pas ramener son mal de dos, ses petites douleurs et sa mauvaise humeur à la ferme. On en a tous et faut apprendre à adopter les bonnes positions.

Que pensez-vous des personnes qui se reconvertissent ?

Elle commence par nous rappeler qu’à la ferme, les journées ne se cantonnent pas à commencer un travail le matin et à le finir le soir. C’est une activité en continu où ils vivent sur un cycle végétal qui rythme leur quotidien.  En 20 ans, la surface de leur maraîchage a été multiplié par 10. Et chaque produit nécessite des équipements différents. C’est un investissement énorme qu’ils doivent réussir à optimiser chaque année.

“Ces dernières années, de nombreuses personnes se sont reconverties dans l’agriculture. Ils vont voir les mairies, on leur donne une terre et des financements… et un an après, ils en ont marre et abandonnent.”

Isabelle n’a rien contre cette nouvelle génération de producteurs issue de la ville qui a envie de se reconnecter avec la terre. Elle souligne le soutien des communautés à aider ces jeunes “entrepreneurs” et à entretenir les terres laissées à l’abandon. Elle regrette simplement que ces nouveaux agriculteurs n’aient pas suffisant réfléchi à la réalité du métier et à l’investissement (social, physique, économique) que cela entrainent ce qui les poussent la majorité du temps à abandonner leur projet un ou deux ans après. 

“Il y a aussi toutes ces nouvelles associations qui donnent des conseils alors que les membres n’ont pas fait d’études agricoles… Et qui ne les préparent pas à la réalité du terrain.”

Les champs de culture de la ferme
À l’horizon, les champs d’Isabelle fournis de bons produits.

Le mot de la fin ?

Isabelle souhaite développer l’hyper local et elle a l’impression, qu’avec les périodes de confinement, elle s’en approche. La vente à la ferme a rencontré un vrai succès et ils ont pu rencontrer et renouer avec leurs clients de proximité. Cependant, la maraîchère déplore que tant de magasins bio importent des produits qui viennent des 4 coins du globe. Elle ne trouve pas ça cohérent…

“Nous, on mange local et de saison toute l’année, c’est totalement faisable. Nous, on propose des produits locaux et on est juste à côté.”

Pour plus d’infos :

Vente à la ferme de produits locaux : tous les vendredi de 16h à 19h30.

Où : Le Potager d’Oliver – La Ferme de Noncerve à Mesnil Racoin 91590 La Ferté-Alais.

 

M.T