Rencontre avec des brasseurs de bière artisanale.

Rencontre
Publié le 5 décembre 2020

Portrait I Lecture : 5min

#CRAFTBEER #BIEREARTISANALE #BRASSERIE #TERROIR

 

Deuxième boisson la plus consommée dans le monde, la bière réussit à séduire de plus en plus de consommateurs en s’adaptant à la demande. L’offre de craft beer ou bière artisanale a notamment  explosé ces dix dernières années en France. “On ne peut pas dire on n’aime pas la bière. On n’a juste pas trouvé sa bière. Il y a forcément une bière qui vous correspond.” Edward et Loic, co-fondateurs de la Brasserie de l’Être.

 

Edward et Loic, brasseurs de bière artisanale
Edward et Loic, les brasseurs de la Brasserie de l’Être.

Un brasseur  issu du monde du spectacle…

Du théâtre à la télévision, en passant par l’opéra ou encore le cinéma, Edward a occupé des postes variés pendant 10 ans. Mais ses amours de jeunesse le rattrapent et le voilà Responsable d’un bar de nuit. Puis il remontera le cours de la bière et se retrouvera derrière le bar pour finir aujourd’hui, brasseur artisanal. « Si tout se passe bien et suit le fil des choses, je finirai peut-être producteur de houblon à la fin de mes jours. »

… Et un brasseur qui vient du milieu de la santé (et pas que !)

Psychologue-Psychomotricien-Psychanalyste à l’Hôpital Sainte Anne, Loic va accompagner ses patients pendant une dizaine d’années. Puis un jour, des amis lui proposent de les aider sur l’ouverture d’un traiteur. Puis celle d’un restaurant. Finalement, il va explorer de nouveaux horizons en devenant Chef de projet dans un studio de jeux vidéo. Et là encore, il accepte de rejoindre une nouvelle aventure avec le lancement d’un bar à Paris puis à Lille. C’est Edward qui trouvera les mots justes pour le convaincre de s’associer dans le projet de la brasserie. « Il est encore là après 6 ans, c’est plutôt bon signe ! »

Une brasserie implantée dans Paris.

Le binôme avait à cœur de s’implanter à Paris pour ressusciter les tissus industriels et conviviaux de la capitale. Mais ce n’est pas mission facile que de trouver un local qui puisse héberger l’équipement nécessaire pour brasser de la bière artisanale « L’inconvénient était aussi de trouver un propriétaire qui ne soit pas inquiet de la nuisance sonore auprès du voisinage que l’on pouvait produire avec les machines. » C’est finalement au sein d’une ancienne forge – qui assemblait les kiosques de la ville dans le 19ème arrondissement, qu’ils se sont installés.

Brasserie de l'Être, Paris (XIXème)
Dans l’antre de la Brasserie de l’Être, dans le 19ème arrondissement de Paris.

De la bière artisanale bonne pour le palais et pour l’environnement.

Edward et Loic travaillent dur pour que leur brasserie propose des bières conscientes, respectueuses des palais et de l’environnement. Chaque année, ils produisent environ 1000 hectolitres. Cela représente 553 265 bouteilles produites depuis le lancement dont 90 bières différents et une gamme de 5 bières de base. « L’idée n’était pas de faire une bière mais pouvoir aller un peu partout. »

Leurs bières possèdent le labels AB et la mention Nature&Progrès. Ils ont à cœur de bosser le plus localement possible, en choisissant des matières premières telles que le houblon en France (ils vont en Alsace ou dans le Nord) ou en utilisant l’eau de Paris qu’ils modifient le moins possible. « On peut dire qu’on redécouvre et réinvente le métier de brasseur. » Et surtout, ils sont convaincus qu’en faisant de bons produits, ils seront sollicités par des personnes partageant les mêmes valeurs qu’eux. Ils privilégient ainsi les acteurs indépendants qui expriment une réelle envie et volonté de travailler avec eux.

 

Bière artisanale de la Brasserie de l'Être
De la bière artisanale aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Aujourd’hui, ils sont 6 salariés et tous sont majoritairement axés sur la production. 85% de leurs bières sont vendues dans Paris intramuros et 10% en petite et grande couronne. Les 5% restant sont envoyés à travers la France par des distributeurs.

Avant de se lancer dans la “bière artisanale”  :    

> La curiosité est un vilain défaut. FAUX !

Soyez curieux de tout, du produit et du métier. Allez voir des brasseurs, faites des stages, allez vous rendre compte de la réalité physique.

NB : Edward a fait le DU de la Rochelle pour se former où il a appris à faire de la bière mais pas forcément de la bonne bière.

“Encore maintenant, j’apprends.”

> Réussir à marier passion et réalisme.

Lancer un nouveau projet c‘est toujours difficile. Souvent, on ne voit que les bons côtés avant de se prendre de plein fouet les côtés moins sympas : Les travaux sont toujours plus longs que prévus, les frais toujours plus importants, etc.

“On a fait énormément d’erreurs et on a rencontré beaucoup d’accidents. On était beaucoup basé sur le produit.”

> Parce qu’à deux, c’est mieux !

Il ne faut pas seulement brasser la bière, il faut la conditionner, la livrer, il y a aussi l’aspect administratif… et tout ça avec un manque de temps terrible?! « Il faut être deux pour avoir un vrai échange et une synergie. Quand l’un ne va pas bien, l’autre puisse le remonter en cas d’accros car il y en aura des tas. Il y a des bons moments et des très mauvais mais il faut réussir à repartir et à s’amuser. »

“Être brasseur, c’est une charge physique à ne pas négliger. On pensait que physiquement ça irait. Et non.., pas du tout. C’est aussi une des raisons pour laquelle ce milieu est  plaisant. Les relations entre confrères sont très bonnes car le métier est extrêmement difficile. Ceux qui sont passés par là avant toi, savent et comprennent ce que tu es en train de vivre. Il y a une compréhension et une solidarité forte à ce sujet.” 

” Certes, on n’est pas bien payé. Mais on rigole bien ! “

Pour creuser davantage, retrouvez-les sur https://brasseriedeletre.paris/.

Et découvrez sur notre compte Instagram les 3 accords mets et bières qu’ils nous ont conseillés.

 

M.T